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Séminaire 2007-2008 : « Quelle évolution des mœurs dans les sociétés démocratiques ? » (1)

1. Différence des sexes, procréation et fin de vie

Pourquoi un séminaire sur l’évolution des mœurs ?

La République implique une conception de l’homme et de la citoyenneté basée sur l’autonomie de jugement et la capacité de se décentrer, de dépasser ses propres intérêts particuliers pour prendre en compte l’intérêt général, se penser comme membre d’une collectivité démocratique, ayant une histoire propre impliquant droits et devoirs. Cette conception fixe des principes essentiels pour débattre et agir ; elle garde un caractère d’idéalité qui ne coïncide jamais complètement avec les faits. Aussi importe-t-il de mieux cerner la façon dont nombre d’évolutions sociétales paraissent la remettre en question aujourd’hui. Depuis sa création, Politique Autrement a accordé une attention soutenue à cette dimension : « La culture n’est pas pour nous une superstructure ou un supplément d’âme à la sphère politique, économique et sociale. Les difficultés que traverse notre société condensent une crise de l’idée de l’homme et de la vie en société. C’est en portant aussi le débat sur ce plan qu’on peut donner figure humaine à une société et un monde en plein bouleversement » (Nos orientations). 
Dans cette optique, Politique Autrement entame un séminaire de plusieurs années portant sur les évolutions de l’abord de la condition humaine, de la vie individuelle et collective dans les sociétés développées. Seront abordés les changements qui, dans ce domaine, ont particulièrement marqué les quarante dernières années : nouvelles conditions de la procréation, famille et la filiation, nouveau statut de l’enfance et de l’adolescence, abord de l’agressivité et de la violence, rapport à la mort…, mais aussi l’érosion des anciens cadres de pensée dans l’abord de ces questions : développement de l’interprétation psychologisante, recomposition et nouvelles formes de religiosité en Europe…

Objectifs et modalités du séminaire

Le séminaire 2007-2008 est centré autour de trois grandes questions : la différence et les rapports entre les sexes ; les nouvelles conditions et possibilités de la procréation ; la fin de vie et le rapport à la mort. Notre approche n’est pas de type universitaire. 
Ce séminaire ne prétend pas être exhaustif, recenser l’ensemble des auteurs ayant abordé ces questions. Il s’agit dans un esprit d’éducation populaire d’une première approche visant à aider à la formation d’une citoyenneté éclairée sur ces questions difficiles : 

  • en fournissant des éléments structurés de connaissances pluridisciplinaires sur la situation présente en dehors des nombreux clichés existant sur ces questions, 
  •  en permettant un premier recul réflexif par l’étude et la discussion de textes fondamentaux (philosophiques, anthropologiques et historiques).

La réflexion et la discussion sur l’évolution des mœurs ne peuvent échapper à une réflexion d’ordre philosophique et éthique. Nous ne prétendons pas satisfaire toutes les orientations et les choix personnels. Les textes fondamentaux à débattre en séance sont volontairement limités à 2 ou 3. Ces textes engagent une conception particulière. Choisis en fonction de leur qualité intellectuelle, ils doivent permettre d’ouvrir une réflexion et une discussion argumentée. 

Pour chaque thème abordé, il sera remis à chaque participant un dossier comportant de nombreuses références de textes. Un temps de lecture individuelle est donc nécessaire avant chaque séance. Le séminaire alternera des séances consacrées à l’étude, à la discussion sur les textes fondamentaux fournis antérieurement, avec des petits exposés de cadrage, des notes de lecture, et des séances de rencontre et de débat avec un nombre limité d’intellectuels ayant réfléchi aux questions abordées.

PROGRAMME -SÉANCES

Samedi 10 novembre : La différence entre les sexes et les rapports hommes-femmes dans les sociétés traditionnelles et dans la démocratie moderne
Cette première séance propose une première réflexion et discussion sur l’importance de la différence homme-femme dans les sociétés et sur les évolutions du rapport à la sexualité dans la société moderne, à partir de l’étude et de la discussion des textes de l’anthropologue Margaret Mead et du philosophe Paul Ricœur. Les interprétations développées par ces auteurs seront mises en perspective avec les évolutions des mœurs.

Samedi 8 décembre : Dans une société marquée par le libéralisme sexuel et la banalisation de la pornographie, le développement du féminisme et le malaise du masculin, la vie sentimentale peut-elle se passer de morale ? La galanterie est-elle devenue une lubie passéiste ? avec Claude Habibauteur de Galanterie française, édit. Gallimard (2006) et de Le consentement amoureux, édit. Hachette/Littératures (1998).

Samedi 2 février : Nouvelles conditions de procréation et problèmes éthiques.
Cette séance partira des possibilités nouvelles de la science et de la technique en matière de procréation pour s’interroger sur leur portée du point de vue de la conception de la condition humaine. Sur ces bases, elles se propose d’ouvrir une première réflexion sur les problèmes éthiques. Cette réflexion et ce débat partiront des textes de Jacques Testart, biologiste et de France Quéré (1936-1995) ancien membre du Comité national d’éthique. Dans un second temps, cette séance reviendra sur les débats concernant la contraception et l’avortement, débats qui ont marqué le vote de la loi Veil en 1975, en s’interrogeant sur les évolutions existant depuis cette période et la réalité des pratiques.

Samedi 15 mars : Le recul de la mort et l’avènement de l’enfant du désir, aux origines de l’individualisme moderne, avec Paul Yonnet, sociologue, auteur de Le recul de la mort. L’avènement de l’individu contemporain, édit. Gallimard, 2006. 

  • Quels bouleversements ont entraînés les nouvelles conditions de la procréation et de la naissance, l’allongement de la durée de vie dans la conception de la famille et de l’individu ? 
  •  Quelles nouvelles étapes possibles du développement des connaissances et des techniques de reproduction ? 
  •  Quelles conséquences possibles sur la conception de l’humain ?

Samedi 12 avril : Le rapport à la mort et la question de la fin de vie dans les sociétés modernes 
Cette réflexion partira des textes de l’historien Philippe Ariès sur les évolutions historiques du rapport à la mort dans l’Occident et des réflexions du philosophe Paul Ricœur sur le mourir et l’agonie du mourant. Dans un second temps, Claude de La Genardière, psychanalyste, nous parlera de son expérience d’intervenante auprès des équipes soignantes en soins palliatifs. Le travail sur les peurs partagées par chaque partenaire de l’accompagnement et du soin à l’hôpital témoigne des orientations actuelles du rapport de notre société à la mort.

Séminaire 2009 : « Quelle évolution des mœurs dans les sociétés démocratiques ? » (2)

Quelle évolution des mœurs dans les sociétés démocratiques ?

2. Civilisation : quel rapport à la sexualité, à la filiation, à la mort ?

Dans les débats actuels sur les mœurs, les allusions rapides aux évolutions peuvent tenir lieu d’arguments et servir à légitimer un relativisme qui fait fi d’une réflexion sur les conceptions anthropologiques qui sont en jeu. Certaines tendances de la société actuelle poussent à l’extrême ce relativisme : pourquoi ne pas répondre aux demandes individuelles et sociales multiples, du moment qu’elles sont sincères et manifestent de bons sentiments ? 
En dehors des modes et de l’air du temps, la réflexion entamée l’an dernier sur l’évolution des mœurs nous a permis de commencer à cerner les différentes conceptions qu’elle mettait en jeu. Cette année, le séminaire se propose d’approfondir la réflexion en procédant à la lecture de textes classiques et fondamentaux sur les questions de la sexualité, de la filiation, de la mort. 
Plutôt que de partir des problèmes liés aux évolutions, il s’agit d’opérer un détour théorique en procédant à l’étude de textes qui nous paraissent indispensables pour aborder ces questions. Dans cette perspective, nous proposons d’étudier l’interprétation freudienne de Malaise dans la civilisation ; la notion de transgression de Georges Bataille ; l’interprétation éthique de la sexualité de Paul Ricœur ; la notion de filiation et de transmission chez Pierre Legendre ; le rapport à la vieillesse et à la mort chez les stoïciens de l’Antiquité et dans la conception chrétienne. 
Les extraits de textes à lire et à étudier sont volontairement limités à deux ou trois pour chaque séance. Dans un esprit d’éducation populaire, il s’agit de se confronter directement aux textes choisis en soulignant les idées-forces des conceptions étudiées et les questions posées. De courts exposés apporteront les éléments de connaissance nécessaires à la compréhension. Les questions soulevées par ces textes donneront ensuite lieu à discussion. Nous ne prétendons pas être exhaustifs et répondre à toutes les questions, mais aider à mieux appréhender les enjeux anthropologiques de l’évolution des mœurs dans les société démocratiques.

PROGRAMME –SEANCES

Samedi 24 janvier : Malaise dans la civilisation 
L’interprétation de Freud implique une conception de l’homme et de la civilisation a contrario d’un certain angélisme. Quelles sont les idées-forces de cette interprétation ? Qu’en est-il aujourd’hui du « sur-moi » et du sentiment de culpabilité étroitement liés à l’idée même d’éthique et de civilisation ?

Samedi 7 mars : Sexualité, interdit et transgression
Longtemps considéré comme un auteur maudit, Georges Bataille aborde les thèmes de l’interdit et de la transgression et pose à sa façon la question d’une part sauvage irréductible. Le texte de Paul Ricœur : « Sexualité, la merveille, l’errance, l’énigme » interroge la difficile ou l’impossible réconciliation de l’érotisme et de l’institution du mariage. La confrontation de ces conceptions ouvre les questions : Quels ont été les effets de l’introduction de l’érotisme dans la culture contemporaine ? Quelle signification peut avoir la transgression dans une société devenue permissive ?

Samedi 4 avril : La filiation en question 
À l’inverse de l’idée d’une auto-fondation, la filiation inscrit l’individu dans un ordre généalogique préétabli par un cadre juridique. L’interprétation de Pierre Legendre du principe généalogique constitutif de l’humanité interroge de façon critique la psychologisation et le sentimentalisme contemporains.

Samedi 16 mai : Quel rapport à la vieillesse et à la mort ? 
Les textes de Cicéron sur la vieillesse et la mort exposent une sagesse stoïcienne qui mérite d’être comparée aux angoisses de l’homme contemporain.
Les textes de Paul Ricœur (« Vivant jusqu’à la mort »), de Paul-Louis Landsberg (« L’expérience de la mort de l’autre »), qu’on soit ou non croyant, développent une réflexion chrétienne qui est au cœur de notre tradition.

Séminaire 2010 : « Quelles critiques de la modernité ? » (1)

Modernité et rapport à la nature, la critique heideggerienne de la technique

Les critiques de la modernité occidentale ne datent pas d’aujourd’hui et se sont exprimées à travers la littérature et les arts, la philosophie, la religion… Cette critique est partie intégrante de l’héritage culturel de l’Europe en tant que « continent de la vie interrogée » et valorisant, à travers l’héritage démocratique, le recul réflexif et critique, l’autonomie de jugement. 
Aujourd’hui, avec le développement de l’écologie, la critique d’une certaine idée du progrès et de la société de consommation s’accompagne souvent d’une remise en cause confuse des conceptions et des valeurs qui ont marqué notre histoire et qui sont intimement liées au développement scientifique et technique, économique et social. L’ouverture et la confrontation avec les autres cultures du monde ont entraîné d’autre part une remise en cause salutaire de l’ethnocentrisme. Mais cette critique semble avoir largement basculé en France vers une mésestime de soi de plus en plus ignorante des conceptions de l’homme, de son rapport à la nature, à la société, à la politique et à l’histoire qui ont accompagné l’Europe dans son développement. 
Pour étudier ces questions, le séminaire entend opérer un détour théorique en procédant à l’étude de textes fondamentaux critiques de la modernité. Plus précisément, le séminaire, qui se déroulera sur deux ans, procédera à l’étude de deux grands auteurs : Martin Heidegger et Hannah Arendt. Ces deux auteurs mettent en lumière, chacun à leur manière, les évolutions des conceptions de l’homme et du monde qui ont accompagné le développement de la modernité. Martin Heidegger interroge de façon critique la rupture introduite par le « règne de la technique » dans le rapport à la nature et la façon d’« habiter le monde ». Hannah Arendt à laquelle des courants critiques et alternatifs font référence, souligne l’hégémonie du « travail » dans la société moderne au détriment de l’« œuvre », de la parole et de l’action dans la cité. Autant d’éléments qui peuvent permettre d’interroger l’état de notre modernité et de mieux cerner, à travers leur interprétation, un certain type de critique de la société moderne et de la démocratie. 
On s’attachera à resituer ces courants de pensée dans leur contexte social et historique tout en prenant pleinement en compte les questionnements philosophique dont ils sont porteurs. Après avoir étudié et cerner de plus près les grands thèmes de ces critiques et le cadre global des interprétations, nous nous interrogerons sur leur persistance aujourd’hui, leur portée, leurs limites et les impasses auxquelles ces critiques peuvent conduire.
Fidèle à notre habitude de travail, le séminaire procédera à une étude et à une discussion de textes choisis, en nombre limité (2 à 3 par séance), accompagnées au fur et à mesure d’apports structurés de connaissances sous la forme d’exposés et de mises en perspective des textes choisis avec d’autres textes et auteurs qui semblent leur faire écho, les rejoindre ou les contredire. Des petites bibliographies et des recommandations de lecture sont fournies à chaque séance. Notre souci pédagogique vise à permettre à chacun de mieux comprendre la problématique de ces auteurs sans pour autant prétendre rendre compte de façon exhaustive de leur conception. Il s’agit d’une première approche de leur interprétation critique de la modernité et de leur conception philosophique. Ce séminaire doit ainsi permettre de poursuivre de façon plus aisée la lecture et l’étude des œuvres en question. 
Ce séminaire est ouvert à tous ceux qui se montrent désireux de connaître ces critiques de la modernité et de s’interroger sur leur pertinence. Il s’agit de donner à chacun les moyens d’étudier et de comprendre ces auteurs – et à travers eux les enjeux du développement des démocraties modernes – avec un recul réflexif et critique suffisant pour se forger son point de vue en toute liberté.

Jean-Pierre Le Goff

1. Modernité et rapport à la nature

— La critique heideggerienne de la technique—

Samedi 23 janvier, 14h 30 : Modernité et modernisation : Quelles définitions et quels repères historiques ?
Avant d’aborder la critique de la technique de Heidegger, il est nécessaire d’avoir quelques grands repères historiques et de cerner les conceptions que cette critique met en question : 

  • Quelles sont les grandes étapes des « temps modernes » dans l’histoire de l’Occident ? 
  • Le courant humaniste modernisateur dans la France de l’après-guerre : étude de textes d’Emmanuel Mounier La petite peur du XXe siècle (1949) et en contrepoint étude de la critique de la modernité de Georges Bernanos dans La France contre les robots (1947).

Samedi 13 février, 14 h 30 : Quelle critique des temps modernes et du « règne de la technique » ?
À l’inverse des discours optimistes des années 50 et 60 sur le développement scientifique et technique, Heidegger développe une critique radicale du règne de la technique et de ses effets dévastateurs.

  • Sur quoi porte précisément sa critique ?
  • Quelles en sont les principaux thèmes ? 
  • Étude des textes portant sur « la pensée calculante et la pensée méditante », « le règne de la technique » et « la technique moderne comme pro-vocation ».

Samedi 20 mars, 14h 30 : Quelle rupture dans notre rapport à la nature et au monde ? 
La critique heideggerienne de la technique est inséparable du bouleversement de l’expérience d’un « être au monde » originaire lui-même inséparable d’un type de rapport à la nature.

  • En quoi consiste cette expérience ? Quelles en sont les principales références ? 
  • Etude des textes : « Le chemin de campagne », « Hebel, l’ami de la maison » et « Qu’appelle-t-on penser ? »

Samedi 10 avril, 14h 30 : Quel recours possible face au « règne de la technique » ? Quelle critique de l’humanisme ?
Pour terminer cette étude, nous nous interrogerons sur la portée, les limites et les impasses de l’interprétation de M. Heidegger.

  • Quelles sont les principales critiques portées à sa conception de la science, de la technique et de l’histoire ? 
  • Quelle place est faite à l’autre, à l’éthique et à l’action dans son interprétation ? Quel rapport à l’engagement politique ? 
  • Étude des textes de Emmanuel Lévinas, Jürgen Habermas, Rudolph Steiner.

Séminaire 2011 : « Quelles critiques de la modernité » (2)

Modernité et démocratie, l’interprétation critique de Hanna Arendt

Hannah Arendt est désormais devenue une référence, sans que pour autant soit suffisamment pris en compte le cadre réflexif global dans lequel s’inscrit sa critique de la modernité. Ses conceptions du « travail », de l’« œuvre », de l’« action », de la cité grecque et de l’évolution historique sous-tendent son interprétation du monde moderne. On ne saurait séparer ces deux registres, si non au risque de réduire la réflexion de H. Arendt à quelques critiques faciles de la société moderne.
Celle-ci souligne la place prise par le travail et la question sociale dans les démocraties modernes dans une optique qui met en question nos cadres de pensée habituels ; sa conception de la politique s’inspire de la démocratie athénienne et sa critique met en en perspective cette expérience originaire avec les démocraties modernes ; son interprétation de la révolution française comparée à la révolution américaine souligne le conflit entre liberté et égalité ; sa critique du sentiment, de la « compassion » en politique, son interprétation de la crise de l’éducation dans le monde moderne gardent plus que jamais leur actualité… Autant d’éléments qui méritent d’être étudiés avec attention et contribuent à mettre en lumière des phénomènes politiques et sociaux de notre société. Après avoir étudié et cerner de plus près le cadre global de l’interprétation et de la critique, nous nous interrogerons sur sa portée et ses limites pour comprendre notre présent.
Bien que la critique du totalitarisme soit liée à l’interprétation globale de la modernité de H. Arendt, le séminaire 2011 n’aborde pas ce thème. Cette année, nous avons voulu centrer notre étude sur ses conceptions de la démocratie, de l’éducation et sa critique de la révolution française. 
Fidèle à notre habitude de travail, le séminaire procédera à une étude et à une discussion de textes choisis, en nombre limité (3 à 4 par séance), accompagnées au fur et à mesure d’apports structurés de connaissances sous la forme d’exposés et de mises en perspective des textes choisis avec d’autres textes et auteurs qui semblent leur faire écho, les rejoindre ou les contredire. Des petites bibliographies et des recommandations de lecture sont fournies à chaque séance. Notre souci pédagogique dans l’esprit de l’éducation populaire vise à permettre à chacun de mieux comprendre la problématique de l’auteur, sans pour autant prétendre rendre compte de façon exhaustive de son œuvre. Il s’agit d’une première approche de son interprétation du monde grecque et de sa critique de la modernité. Ce séminaire doit ainsi permettre à chacun de poursuivre de façon plus aisée la lecture et l’étude des œuvres en question ; il est ouvert à tous ceux qui désirent opérer un recul réflexif et critique sur notre modernité.

SÉANCES

Samedi 5 février, 14h 30 : « Quelle critique de la société de consommation ? Le travail, l’œuvre et la culture dans le monde moderne. »

La critique de la société de consommation de Hannah Arendt est inséparable de sa distinction du « travail » et de l’« œuvre ». Quelles définitions en donne-t-elle ? Quelle pertinence de cette distinction dans la société d’aujourd’hui ? Quelle critique de la culture dans une société de consommation ? 
Étude des textes portant sur le « travail » et l’« œuvre », sur leur confusion dans le monde moderne, sur la culture confrontée au développement des loisirs.

Samedi 5 mars, 14h 30 : « Quelle politique dans le monde moderne ? De la cité grecque à la société. »

La conception de la politique de Hannah Arendt s’inspire de la démocratie athénienne et sa critique met en en perspective cette expérience originaire avec les démocraties modernes. Quelle est la pertinence de cette référence et de cette mise en perspective ? Quels phénomènes politiques cette interprétation contribue-t-elle à mettre en lumière ? 
Étude des textes portant sur l’interprétation de H. Arendt de la cité grecque, sa conception de « l’Action » et de l’histoire, sa critique du comportement de masse dans les sociétés modernes.

Samedi 2 avril, 14h 30 : « Crise et difficultés de l’éducation. »

Dans ses textes portant sur l’autorité et l’éducation, H. Arendt est amenée à souligner les difficultés de l’éducation dans un monde marqué par la crise de l’autorité et de la tradition, tout en réfléchissant au rôle que l’éducation joue dans toute civilisation. En quoi consiste cette crise ? Quelle conception arendtienne de l’éducation ? 
Étude des textes portant sur l’éducation des enfants et la responsabilité des adultes dans la « responsabilité du monde », sur la crise de l’éducation en Amérique qui, sous beaucoup d’aspects, paraissent prémonitoires de la crise de l’école que nous connaissons aujourd’hui.

Samedi 7 mai, 14h 30 : « Quelle critique de la révolution française ? Quelle conception de la démocratie dans le monde moderne ? »

Dans son Essai sur la révolution, Hannah Arendt développe une interprétation comparative entre la révolution française et américaine qui souligne les déviations de la révolution française et la terreur sur laquelle elle a un moment débouché. Quelles sont, selon H Arendt, les causes de cette dégénérescence ? 
Étude de textes portant sur la question sociale, sur la conception du « peuple », sur la différence entre solidarité et compassion, sur la politique de la vertu.
Pour terminer ce séminaire, nous nous interrogerons sur la portée et les limites des conceptions de la démocratie et de la liberté chez H. Arendt, en les confrontant à celles de Benjamin Constant dans son texte « De la liberté des anciens confrontée à celle des modernes ».

Séminaire 2012 : Militantisme et engagement – L’ancien et le nouveau

L’engagement et le militantisme sont associés aux idées de dévouement, de sacrifice, de lutte pour un idéal, une cause, ou pour le service des autres ; ils sont inséparables de rapports collectifs et supposent l’implication dans les désordres du monde. Dans les conflits et les drames du XXe siècle, ils se sont confrontés au tragique de l’histoire et certains d’entre eux ont été marqués par l’idéologie et le fanatisme. En ce sens, ils renvoient à des parcours de vie marqués par des épreuves qui peuvent être riches d’enseignements, pourvu qu’on sache en tirer les leçons.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Les nouvelles générations ont été élevées et éduquées dans une nouvelle situation historique marquée par la fin des grandes idéologies passées, une pacification des rapports sociaux et la fin des guerres sur le sol européen. Les partis politiques, comme les syndicats et les associations, se trouvent aujourd’hui confrontés à des mentalités nouvelles qui semblent rompre avec le passé. Dans nombre de collectifs politiques, syndicaux ou associatifs, les nouveaux adhérents sont présents dans une optique plus individualiste et éphémère ; le professionnel a remplacé le bénévole et beaucoup d’associations ne vivraient pas sans les aides de l’État et des collectivités territoriales. Cela ne signifie pas que la générosité et le militantisme sont devenus obsolètes mais que ceux-ci coexistent avec une nouvelle mentalité dont le rapport au collectif et à l’histoire ne va plus de soi.

Pour mieux comprendre cette évolution, il importe à la fois : 
– de mieux cerner les changements sociaux et culturels qui sont venus mettre en question un ancien mode d’engagement idéologique et sacrificiel ;
– de confronter l’ancien et le nouveau au travers de parcours de vie qui, à gauche comme à droite, sont riches d’expériences et de formation personnelle.

Le séminaire 2012 de Politique Autrement se propose de prendre en compte ces deux thèmes en alternant l’étude de récits, de témoignages sous forme de textes et de vidéos, et la rencontre avec des militants et des hommes engagés, de différentes générations. Ce séminaire ne prétend pas dresser un constat ou une typologie des types d’engagements existant aujourd’hui, mais aider à mieux comprendre, dans un esprit d’éducation populaire, la genèse et les raisons qui ont amené la crise des anciens modes d’engagement et de militantisme, et explorer leurs nouvelles modalités en s’interrogeant sur la nature des changements.

Séances

Samedi 14 janvier : « La fin des militants ? De la civilisation des loisirs à la crise des années 70 »
Cette première séance sera consacrée à l’étude de trois moments importants de la seconde moitié du XXe siècle qui ont remis en cause la figure traditionnelle du militant et de l’organisation : l’avènement de ce qu’on a appelé la « civilisation des loisirs » au tournant des années 50 et 60 ; la révolte de la jeunesse en mai 68 ; la naissance du féminisme et de l’écologie dans les années 70. Quelles ont été les idées et les mentalités nouvelles portées par ces événements et ces courants ? Pourquoi et comment ont-ils remis en cause les anciens modes d’engagement ? Sur quel nouveau militantisme ont-ils débouché ? Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Samedi 4 février : « Portée, limites et ambiguïtés de l’engagement humanitaire. Parcours de vie et leçons de deux générations » 
L’humanitaire donne des réponses limitées mais concrètes à des situations de détresse ; il constitue un engagement qui attire les jeunes générations et semble aujourd’hui consensuel. Comment est-il né ? Quelles contradictions et quelles évolutions a-t-il connu ? Peut-il se passer d’une réflexion politique ? Ces questions seront abordées à partir des parcours et des expériences de deux générations : celle de Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, et celle de Guillaume Kopp, ancien Chef de mission au Sri Lanka et en Centre Afrique, ancien responsable du Réseau national d’associations (Droit de Cité).

Samedi 10 mars : « L’engagement communiste au XXe siècle : militantisme, fanatisme et tragédie »
L’engagement communiste tel qu’il a prévalu au XXe siècle peut-il encore être compris par les nouvelles générations ? L’élan idéaliste qui a prévalu chez de nombreux militants a nourri une utopie et un système qui ont broyé les hommes au nom d’une certaine idée du bien de l’humanité. Comment comprendre cette ambiguïté et la perversion de cette idée ? Cette séance sera consacrée à l’étude de textes de témoignages de responsables et de militants communistes qui se sont mis au service du parti communiste, se sont sacrifiés pour lui du temps de la Résistance et de la guerre froide, avant de le quitter ou d’en être exclus. Comment ont-ils vécu ce parcours et ces déchirements ? Quelles leçons peuvent en être tirées ?

Samedi 5 mai : « L’engagement militaire : quelles évolutions du rapport à la guerre et de la figure du héros ? Regards croisés de deux officiers, engagés volontaires »

Le combattant ne bénéficie plus aujourd’hui de la même reconnaissance publique que par le passé, tout particulièrement chez les jeunes générations élevées et éduquées dans une société qui tend à « valoriser le statut de victime et marginalise le geste héroïque », pour qui la nation et le rapport à l’histoire du pays sont devenus problématiques. Alors que l’opinion dans les démocraties ne comprend plus ce qu’est la guerre et ne veut plus que meurent les soldats, quel sens les militaires donnent-ils à leur engagement ? Avec André Thiéblemont (colonel er) engagé en 1958 et le lieutenant-colonel Pierre Hervé, sorti de Saint-Cyr en 1996, ayant effectué un séjour en Afghanistan, actuellement collaborateur du Major général de l’Armée de terre.

Les séances ont lieu le samedi après-midi de 14 h 30 à 17 h 30

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