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Séminaire 1995-1996 : « L’esprit de résistance »

Séminaire 1998-1999 : « L’individu et les institutions dans les sociétés développées »

Aujourd’hui l’autonomie et l’épanouissement individuels sont devenus des références centrales. Dans le même temps, les institutions traditionnelles, telles que les Églises ou la famille, se sont érodées. L’État et les partis politiques, l’école et l’université, l’armée et la police… connaissent d’importantes transformations. Il importe de prendre la mesure de ces évolutions en dehors des deux optiques qui marquent notre présent : la fuite en avant moderniste ou le retour nostalgique et crispé sur la tradition.
L’avénement de la démocratie est allé de pair avec celui de l’individu qui se détache des anciens modes de filiation et d’appartenance communautaire. Dans les sociétés modernes, le développement de la consommation et des loisirs, la mise en place de garanties et de protections sociales ont accompagné l’aspiration au bonheur individuel.
Ces évolutions ont entraîné un nouveau rapport aux institutions où les notions de besoins et de droits sont devenus prédominantes. Plus récemment, la crise de l’engagement et du militantisme dans les années soixante-dix s’est accompagnée du développement d’un nouvel individualisme qui rend plus problématique le rapport aux institutions et au vivre-ensemble.

  • Quelles sont les origines de l’individualisme moderne ? Peut-on considérer qu’une nouvelle étape historique a été franchie dans son développement ?
  • Quel est le rôle des institutions dans la construction des identités individuelles et collectives ? Qu’en est-il aujourd’hui ?
  • A quelles conditions un renouveau de l’engagement individuel et collectif est-il possible ?
    Telles sont les principales questions que ce séminaire se propose d’éclairer par une série d’exposés suivis de débats. Plutôt que de faire appel à une multitude d’intervenants, nous nous en sommes tenus volontairement à un nombre limité d’interventions et de séances, en veillant à la qualité des contenus et en laissant une place au débat.

Programme-Séances

  • « Les origines philosophiques de l’individualisme démocratique. » Des auteurs tels que Jean-Jacques Rousseau, Alexis de Tocqueville et Benjamin Constant ont souligné, chacun à leur manière, l’importance prise par l’individu dans les sociétés de l’âge démocratique. Quelles sont leurs conceptions ? En quoi permettent-elles d’éclairer les différentes positions adoptées à l’égard de l’individu aujourd’hui ? Par Jean-Michel Besnier, professeur de philososphie à l’Université technologique de Compiègne, auteur de Histoire de la philosophie moderne et contemporaine, édit. Grasset, Tocqueville et la démocratie, égalité et liberté, édit. Hatier.
  • « Nature de l’individualisme contemporain. » Quels sont les principaux changements historiques qui ont amené une nouvelle figure de l’individu ? Comment caractériser le “nouvel âge démocratique” ? Quels sont ses effets dans le rapport aux institutions ? Par Marcel Gauchet, philosophe, auteur de Essai de psychologie contemporaine, Le Débat, n°100 et n°101., La religion dans la démocratie. Parcours de la laïcité, édit. Gallimard.
  • « Difficultés de la fonction répressive dans les sociétés démocratiques : l’exemple de Mai 68. » Mai 68 marque un moment historique où la répression n’a pas débouché sur un bain de sang. Quelles leçons peuvent en être tirées du point de vue du maintien de l’ordre dans une société développée ? Avec l’importance accordée aux libertés individuelles et le nouvel individualisme contemporain, comment peut être assumée la fonction répressive nécessaire à l’ordre social ? Sous quelle forme ? Par Maurice Grimaud, ancien Préfet de police de Paris en Mai 68, auteur de En mai, fais ce qu’il te plaît, édit. Stock.
  • « Peut-on réconcilier individualisme moderne, respect des institutions et engagement ? A quelles conditions et sous quelles modalités nouvelles ? » Sur la base des principales idées développées dans les séances précédentes, nous nous interrogerons sur les conditions possibles ou non d’un renouveau de l’engagement qui prenne en compte l’individualisme contemporain et les nouveaux défis qu’il pose aux sociétés démocratiques développées. Jean Conilh, philosophe, et Jean-Pierre Le Goff, sociologue, ouvriront le débat.

Séminaire 1999-2000 : « L’idée de nation et la construction européenne »

La question de la nation resurgit aujourd’hui dans un nouveau contexte marqué par la crise des grandes idéologies. L’éclatement de l’ex-Union soviétique et la fin du communisme se sont accompagnés de l’affirmation d’identités ethniques, du développement du nationalisme et de la xénophobie. Dans les pays démocratiques, avec la mondialisation des échanges dans tous les domaines et le développement de l’individualisme, le sentiment d’appartenance nationale n’est plus le même que par le passé.
La construction européenne soulève d’autre part la question de la place et du rôle de la nation à l’intérieur d’un espace politique européen en voie de constitution. Si le cadre national demeure l’espace dans lequel s’exerce la citoyenneté, les transferts de pouvoirs à l’Union européenne, le développement d’un droit et d’une réglementation européenne impliquent des pertes de souveraineté.
Dans un tel contexte, la question de la nation est souvent traitée de façon schématique et confuse. La référence à la nation peut être assimilée au nationalisme et on enferme le débat dans la fausse alternative : ou bien le repli sur un nationalisme figé qui se refuse à prendre en compte les évolutions du monde, ou bien la fuite en avant moderniste qui considère que la nation n’a plus lieu d’être.
Pour sortir de cette confusion et de cette fausse alternative, il est nécessaire d’en revenir à des questions premières : Qu’est-ce qu’une nation ? Quelles conceptions différentes de la nation ont marqué l’histoire et qu’en est-il de la spécificité française ? Face aux évolutions du monde quel avenir pour la nation ? D’autres formes d’appartenance politique sont-elles possibles ?
Telles sont les principales questions que ce séminaire se propose d’éclairer par une série d’exposés suivis de débats.

Programme-Séances

  • « Quelles conceptions de la nation ? » Depuis deux siècles, deux conceptions de la nation se sont affrontées : l’une fondée sur le contrat et l’adhésion libre des individus, l’autre fondée sur le sang, les coutumes et la tradition. Quels ont été les principaux théoriciens et propagateurs de ces conceptions ? Cette première séance vise à fournir les connaissances de base sur ces questions à partir de la lecture des textes des principaux représentants français de ces deux conceptions de la nation depuis le XVIIIe siècle : Emmanuel Sieyès (1748-1836) et Joseph de Maistre (1753-1821) ; Ernest Renan (1823-1892) et Maurice Barrès (1862-1923).
  • « Nation et démocratie : quels nouveaux défis ? » Peut-on considérer que la conscience d’appartenance à un groupe ethnique suffit pour définir une nation ? Quelle conception de la citoyenneté implique la nation moderne ? A quels nouveaux défis et menaces ont à faire face les nations démocratiques en cette fin du xxe siècle ? Par Dominique Schnapper, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, auteur notamment de La France de l’intégration. Sociologie de la nation (1990), et La communauté des citoyens. Sur l’idée moderne de la nation (1994).
  • « Quelle spécificité de la conception française de la nation à l’heure de la construction de l’Union européenne ? » L’opposition passée au sein de l’Europe entre une conception française de la nation basée sur l’association volontaire et libre et celle d‘une nation basée sur l’ethnie et l’enracinement est-elle encore pertinente aujourd’hui au sein de l’Union européenne ? Cette conception française peut-elle servir de référence pour les autres pays et pour l’Union européenne ? Par Alain Finkielkraut, philosophe et essayiste, auteur notamment de La défaite de la pensée (1987), Le mécontemporain. Péguy, lecteur du monde moderne (1991), L’ingratitude. Conversation sur notre temps (1998).
  • « Que penser de la notion d’« identité postnationale ? » Quelle place pour la nation dans l’Union européenne ? Il y a un enjeu géopolitique important à ce que se constitue une Union européenne qui puisse constituer un pôle de stabilité et de paix, peser politiquement dans les affaires du monde et contribuer ainsi à l’équilibre d’un nouvel ordre mondial face à la superpuissance américaine. Pour autant, la nation demeure le cadre essentiel où s’exerce de la citoyenneté et l’on ne saurait séparer artificiellement la culture d’un peuple et l’ordre politique. Comment résoudre ce dilemme ? Par Paul Thibaud, ancien directeur de la revue Esprit, auteur notamment de Discussion sur l’Europe (avec Jean-Marc Ferry) (1992), Et Maintenant… Contribution à l’après-mitterandisme (1995).

Séminaire 2000-2001 : « Quelle conception de l’égalité ? »

La notion d’« égalité » est une référence centrale du discours politique actuel et donne lieu à de multiples utilisations : « égalité citoyenne », « égalité sociale », « égalité des chances »… Comment s’y reconnaître dans ces différents usages ?
La démocratie met en œuvre le principe selon lequel tous les citoyens ont un droit égal aux libertés fondamentales garanties par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la Constitution. Les citoyens sont égaux devant la loi qui doit être la même pour tous. Ils ont droit de participer à la formation de la loi, essentiellement par le suffrage universel, et à l’exercice des fonctions publiques.
Depuis le XIXe siècle, le domaine de l’égalité s’est élargi à la sphère économique et sociale à travers l’idée de justice sociale. Aux principes fondateurs de la démocratie se sont ajoutés des droits sociaux prenant en compte les inégalités économiques et sociales et affirmant le droit d’obtenir un emploi et à des moyens convenables d’existence (préambule de la Constitution de 1946).
Depuis les années quatre-vingt, le discours politique met en avant la notion d’« équité » et d’« égalité des chances », sans que cette notion ait fait l’objet d’un éclaircissement théorique suffisant. Constatant les effets déstructurants de la crise, le rapport du Conseil d’État pour 1996 sur le principe d’égalité s’interroge sur « la portée d’une égalité conçue comme une égalité des droits », et « si une meilleure égalité des chances n’apporterait pas aux problèmes économiques et sociaux de la société contemporaine une réponse plus équitable ». L’« égalité des chances » est au centre des politiques publiques et est associée au principe de « discrimination positive » dans le domaine économique et social (« donner plus à ceux qui en ont moins »). Cette politique met en pratique des traitements différenciés en faveur des catégories les plus défavorisées, dans la politique de la ville et la politique d’établissement de zones d’éducation prioritaires dans les quartiers défavorisés à fort taux d’échec scolaire. À ces évolutions s’ajoutent des références à l’égalité plus équivoques. La critique de l’élitisme dans le domaine de l’école et de la culture débouche sur un discours démagogique qui, au nom de l’égalité, prône le « droit à la réussite » pour tous et développe l’égalitarisme. Enfin, au nom de l’« égalité », l’affirmation de différences ethniques, culturelles, sexuées, liées à des communautés ou des groupes minoritaires, s’accompagne de la revendication d’une « discrimination positive » dans le domaine professionnel et politique.
Le séminaire de Politique Autrement se propose d’examiner de plus près ces évolutions et ces différentes approches, en essayant de clarifier le principe d’égalité et les enjeux des débats auxquels il donne lieu.

  • Quelle conception de l’égalité nous est léguée par le modèle démocratique et républicain ?
  • La revendication d’une discrimination positive dans le domaine culturel et politique en faveur d’un groupe ou d’une communauté particulière est-elle compatible avec le principe d’égalité ? Quelle prise en compte de la pluralité des cultures dans la société démocratique ?
  • Que signifie la notion d’« égalité des chances » ? Quels changements introduit-elle dans la conception du modèle républicain ? Quels sont ses effets réels dans la lutte contre les inégalités sociales ?
  • Quelle conception de l’égalité est portée par l’individualisme contemporain ? Telles sont les questions, que ce séminaire se propose d’éclairer et de débattre.

Programme-Séances

  • « Quelles conceptions de l’égalité ? » Cette première séance vise à fournir les connaissances de base sur cette question à partir de la lecture d’extraits de textes classiques : Rousseau, Montesquieu, Tocqueville et du philosophe contemporain John Rawls.
  • « Le pluralisme culturel et les enjeux de l’égalité démocratique. Républicanisme et discrimination positive ». Par Patrick Savidan, philosophe, Paris IV-Sorbonne, secrétaire de rédaction de la revue Comprendre, revue de philosophie et de sciences sociales qui consacre son premier numéro à la question du pluralisme culturel.
  • « Équité et d’Egalité : les enjeux du débat ». Par Michel Borgetto, professeur de droit public à l’université de Poitiers, auteur notamment de La Devise Liberté Égalité Fraternité et La République sociale, édit. PUF.
  • « Égalité et nouvel individualisme ». Par Marcel Gauchet, philosophe, auteur de Essai de psychologie contemporaine, Le Débat, n°100 et n°101. Derniers ouvrages parus : La Révolution des pouvoirs et La religion dans la démocratie, édit. Gallimard.

Séminaire 2001-2002 : « Faiblesses et dérives de la démocratie »

Après l’attentat du 11 septembre et l’émotion qu’il a suscitée, dans cette année riche en polémiques politiques de toute sorte, le séminaire de Politique Autrement se propose de prendre du recul pour examiner de plus près la situation des sociétés démocratiques aujourd’hui.
Les droits de l’homme, l’État de droit protégeant les personnes et les biens, permettant la liberté d’expression individuelle et collective, l’élection au suffrage universel, la distinction de la société et l’État… constituent des acquis démocratiques essentiels qu’il s’agit de défendre contre toutes les formes de fanatisme et d’intégrisme. Mais les sociétés développées ne s’en trouvent pas moins aujourd’hui confrontées à des faiblesses et des dérives internes qui érodent leur dynamique démocratique.
Au plan intérieur, la politique demeure centrée sur des problèmes de gestion économico-sociale sans vision structurée et véritable projet d’avenir. Les politiques « surfent » sur une « demande sociale » qui semble de plus en plus difficile à cerner. Gestion et démagogie coexistent dans une société qui semble s’être déconnectée de l’histoire et peine à retrouver une dynamique. Et alors que les médias pourraient être un outil central permettant d’éclairer les citoyens sur les grandes questions qui déterminent notre présent et notre avenir commun, ils versent trop souvent dans le superficiel et le spectaculaire.
Les sociétés démocratiques européennes sont marquées par l’expérience des totalitarismes. Elles ont le plus grand mal à accepter l’ambivalence de leur histoire et à dégager clairement les acquis de leur héritage. Dans le même temps, au sein de la société, le soupçon systématique vis-à-vis des institutions et de tout ce qui, de près ou de loin, rappelle un principe quelconque d’autorité, s’est développé. Il existe également un sentiment d’insécurité, un mal être existentiel et social diffus dont témoignent la forte consommation d’anxiolytique et le développement de la consommation des drogues.
Comment comprendre ces faiblesses et ces dérives de la démocratie ? Comment en est-on arrivé là ? Sommes-nous entrés dans une nouvelle étape historique des sociétés démocratiques ? Quelles sont les conditions d’un renouveau ?
Telles sont les principales questions que ce séminaire se propose d’éclairer par un retour aux sources et des exposés suivis de débats. Plutôt que de faire appel à une multitude d’intervenants, nous nous en sommes tenus volontairement à un nombre limité d’interventions et de séances, en veillant à la qualité des contenus et en laissant une place au débat.

Programme-Séances

  • « Dérives et faiblesses de la démocratie ». Cette première séance vise à fournir les connaissances de base sur la question des faiblesses et dérives possibles de la démocratie à partir de la lecture d’extraits de textes classiques : Alexis de Tocqueville sur le despotisme démocratique et Benjamin Constant sur la liberté des anciens et des modernes.
  • La démocratie peut-elle vivre dans le soupçon et la démystification généralisée ? par Jacques Dewitte, philosophe. Comment éviter l’impasse d’une posture du soupçon généralisé sans renoncer à l’exigence critique consistant à dévoiler les mensonges et les manipulations idéologiques ? Comment maintenir la possibilité de convictions sensées dans l’espace public, sans que celles-ci soient immédiatement rattachées à des intérêts cachés ou à des motivations inconscientes ?
  • « Quelle qualité du débat public dans les grands médias ? » , par Jean-Marie Cavada, président de Radio-France. Comment expliquer la dégradation du débat public dans l’audiovisuel ? La concurrence acharnée que se livrent les différentes stations et chaînes de télévision peut-elle suffire pour expliquer un tel phénomène ? Quelles sont les conditions à mettre en place pour que puissent avoir lieu des débats de qualité sur les grandes questions de la cité ?
  • « Comment comprendre le mal-être existentiel et social existant aujourd’hui dans les démocraties ? » par Jean-Pierre Le Goff, sociologue, auteur de La démocratie post-totalitaire, éditions La Découverte (janvier 2002). La « dictature des marchés » et l’idéologie libérale peuvent-ils suffire pour en rendre compte ? L’idéologie de la modernisation et l’insignifiance ne sont-ils pas au cœur du mal-être existant ? Quel rapport les sociétés démocratiques européennes entretient-elles avec leur héritage politique et culturel après l’expérience des totalitarismes passés ?
  • « Quelle participation des citoyens dans les affaires de la cité ? » Débat avec Alain Caillé, directeur de la revue du MAUSS (mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) et Jean-Pierre Le Goff, président du club Politique Autrement.
    Comment peut se concrétiser, dans les conditions des sociétés modernes, l’implication des citoyens dans les débats portant sur les grands choix et les orientations politiques ? Quel peut être le rôle des associations, des clubs de réflexion, des revues et des médias ?

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