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« Quelle appréciation porter sur le mouvement social ? »

S’il est vrai que le mouvement social apparaît aujourd’hui comme un grand foutoir inorganisé, parsemé et incohérent, s’il est prévisible que les altermondialistes soient des individualistes (comme tout le monde) qui s’ignorent, et si, enfin, il est certain que ce qui paraît n’est jamais exactement ce qui est, le « mouvement social : extrême gauche altermondialiste et radicale » ne cacherait-il pas autre chose ? (le commun à toutes les expressions de ce mouvement se trouve au moins dans son rejet de toute forme actuelle d’exercice du pouvoir politique : délégation, représentation....). [...]
S.L. Paris - 20 octobre 2003

Merci de nous inviter à prolonger le débat. A mon avis, trop de questions étaient abordées ce soir-là. Ce qui est sans doute inévitable. Surtout, bien que ma contribution ne sera pas forcément constructive en ce qui concerne les grèves de mai-juin 2003 (cela n’entre pas totalement dans le champ de mes réflexions), je souhaiterais faire part à Jean-Pierre Le Goff d’une interrogation.
C’est à propos de son évocation de l’« individualisme forcené », qui ne me paraît pas être un concept susceptible d’aider à mieux comprendre les « mouvements sociaux » de ces derniers mois. D’une part parce que cet « individualisme forcené » n’est pas du tout un concept. D’autre part parce, dans la pratique sociale, l’accent mis sur l’individu (et l’individualisation qui en résulte) ne se réduit pas à un comportement social totalement atomisé. Si le militantisme politique hérité des années 1960-70 est considérablement affaibli, cela ne signifie pas qu’il laisse un vide total. Il me paraît important de s’intéresser de près aux
formes d’engagement actuelles, en particulier associatives, qui sont très différentes (et sans doute assez déconnectées d’un engagement politique explicite) mais méritent qu’on s’y attarde ne serait-ce que pour ne pas les laisser « se développer dans une sphère à part », comme dit Philippe Lyet (Revue du Mauss n° 11, 1er sem.1998).
Bien cordialement à tous,
S.M. (Paris)- 21 octobre 2003


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