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Des chiffres qui parlent ?
Les résultats des enquêtes sur l’épanouissement des enfants élevés par des couples homosexuels sont-ils scientifiquement fiables ?
Septembre 2012

Une étude américaine récente, dirigée par Mark Regnerus, professeur et chercheur en sociologie à l’université du Texas d’Austin, remet en cause l’idée selon laquelle il n’y aurait pas de différence entre les enfants élevés par des couples gays et lesbiens et les couples mariés hétérosexuels.

Les partisans du mariage et de l’adoption des enfants par les couples gays et lesbiens ont fait valoir des études américaines antérieures censées prouver de manière scientifique l’équivalence de l’épanouissement des enfants élevés par les couples homosexuels et hétérosexuels. Dans un article publié en 1990, la psychologue Charlotte Patterson (Université de Virginie) a présenté 30 enquêtes qui indiquaient qu’il n’existait aucune différence. Cet article a été aussitôt mis en avant par les associations gays, lesbiennes et trans, et repris par les médias. Certains allant même jusqu’à assurer un bénéfice psychique supérieur chez les jeunes adultes élevés par des couples homosexuels.
Ce sont ces études qui servent d’alibi « scientifique » aux pressions exercées par les lobbies gays et lesbiens pour obtenir le droit à l’adoption « homoparentale ». C’est ainsi qu’ils ont obtenu gain de cause devant la Cour européenne des droits de l’homme le 22 janvier 2008 (en invoquant l’enquête de l’American Psychological Association de 2005 qui reprend l’article de Charlotte Patterson). Aucune de ces enquêtes n’évoque les « droits de l’enfant ».

Celle dirigée par Mark Regnerus (publiée en juin 2012 aux USA) montre au contraire que l’union stable du père et de la mère biologiques reste « l’environnement le plus sécurisé pour le développement de l’enfant » et que toute autre combinaison porte préjudice à plus ou moins long terme à l’équilibre psychique de l’enfant, quelles que soient les qualités humaines des autres parents.
Après avoir détecté dans un échantillon aléatoire de 15000 personnes de 18 à 39 ans interrogées, 175 dont la mère était lesbienne et 78 dont le père était gay, Mark Regnerus a comparé leurs réponses à celles de près de 3000 sujets adultes entre 18 et 39 ans, représentatifs de la population du territoire national. Il en est ressorti 8 types de structures familiales dans lesquelles ces 3000 adultes avaient grandi :
1. parents hétérosexuels, encore mariés au moment de l’étude (919 réponses)
2. père gay (78 réponses)
3. mère lesbienne (163 réponses)
4. parents adoptifs (adoption avant l’âge de 2 ans) (101 réponses)
5. parents divorcés, garde partagée (116)
6. parents divorcés, au moins un des deux remarié (394 réponses)
7. familles monoparentales (816 réponses)
8. autres, y compris parents décédés (406 réponses)

L’évaluation a été faite à partir de 40 critères sociaux et psychiques. Les résultats les plus positifs concernent les sujets du groupe 1 (meilleure santé physique et mentale, se disent plus souvent heureux, consomment moins de drogue). Les résultats les plus négatifs concernent les sujets du groupe 3 (proportion élevée de dépressions).

Comment expliquer une telle différence d’appréciation entre les chercheurs ?

Mark Regnerus a suivi une méthode beaucoup plus rigoureuse que celle adoptée par ses prédécesseurs :
-  les études précédentes portaient sur des échantillons numériquement faibles, voire très faibles, 11 à 44 sujets au maximum
-  les sujets étaient volontaires et non tirés au sort
-  les sujets étaient mineurs et répondaient en présence de leurs parents
-  les sujets étaient recrutés par petites annonces déposées dans les associations ou les librairies gays et lesbiennes
-  leurs réponses étaient comparées à celles d’enfants élevés dans des familles recomposées ou monoparentales essentiellement.

De cette étude on peut tirer deux conclusions :

- S’il est clair que les enfants élevés dans des familles « traditionnelles » sont statistiquement plus épanouis socialement et psychiquement que les autres, les résultats détaillés (présentés dans la version anglaise) montrent qu’ils sont loin de ne souffrir d’aucun problème.
- Les chiffres qui circulent doivent toujours être interrogés sur leur provenance et leur fiabilité, particulièrement lorsqu’ils vont à l’encontre du bon sens et de l’expérience. C’est ce qui a été à l’origine de la démarche de Mark Regnerus.

Politique-Autrement , septembre 2012

Pour lire l’article de Mark Regnerus dans son intégralité (en Anglais), cliquer ici


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